Les jeunes comme les vieux marchaient la canne à la main
sous un soleil d’époque: accablant,
mais favorable aux artisans des chaînes qui les avilissaient
…
Leur haleine était de sucre
mais leurs entrailles étaient salées
du goût de la mer qui les séparait de leur pays
…
Armés de machettes
ils décapitaient, tout le jour, les cannes à sucre
pour satisfaire leurs boureaux
ces sans coeurs qui leur déchiraient le dos
comme pour en extraire leurs esprits
…
Ils étaient pour eux comme des frères
ces bois au goût sublime
qu’ils décapitaient, désolés, jusqu’à la nuit tombée
…
mais il n’y avait que les cannes à sucre
après les prières et les cantiques
pour adoucir leurs journées
…
Les cannes devaient mourir
pour sucrer le gâteau,
le petit pain,
le café
…
Les cannes devaient mourir
pour le plaisir des invités
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28 mai 2010 at 16:10
Bravo pour ce poème sucré amer, comme la canne à sucre qui broyée à pleine dent peut laisser des traces de sang aux coins des lèvres.