Je me rappelle du jour, il y a plusieurs années, où je devais visiter une amie à l’hôpital. J’étais adolescent à l’époque, et comme je n’avais pas d’argent sur moi, j’eus la brillante idée de sauter par-dessus la clôture d’un résident du quartier pour cueillir quelques-unes des plus belles fleurs de son jardin. Mon bouquet en main, j’entrai fièrement dans l’hôpital pour me diriger vers sa chambre. En me voyant arriver, il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour remarquer que quelque chose n’allait pas avec mon bouquet : les racines pendaient remarquablement, toutes sales de la terre du jardin qui avait été victime de mon délit. Mais au lieu de me le reprocher, elle me fit un gracieux sourire en coin, probablement pour récompenser mes efforts. Elle se disait peut-être qu’après tout, c’est l’intention qui compte.
Aujourd’hui, je n’oserais surtout pas saboter un jardin privé dans le but d’offrir un cadeau. Mais cette anecdote m’a quand même fait réfléchir à une chose : Offrir des fleurs, c’est embellir la vie d’une personne qu’on aime; c’est parfumer sa journée de bonté; c’est lui rappeler qu’elle a encore tout plein de bonnes raisons de vivre, d’aimer, de pardonner… Mais si vous offrez des fleurs aux vivants que vous aimez ou aux morts que vous avez enterrés, pourquoi ne pas en offrir aussi à vos ennemis? Jésus n’a-t-il pas recommandé d’aimer nos ennemis et de prier pour nos persécuteurs ? Certes, plusieurs préféreront citer l’Ecclésisate : “Il y a un temps pour la guerre… pour lancer des pierres”, Mais entre vous et moi, il y a bien plus de joie et de plaisir à lancer des fleurs!

